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De nombreuses expériences et un bon suivi de notre clientèle, ont permis d’établir des relations dites «causes à effets» qui influencent la performance ou le rendement des patins.
Lors de cette étude, échelonnée sur dix ans, il était principalement question de vérifier les «dispositions physiques» ou «l’ensemble des ajustements» que l’on retrouve sous les patins, dans le but de rendre les patins aptes à performer. Cet ouvrage ne met pas en cause la capacité ou le talent du patineur mais traite plutôt de son outil principal, le patin.
Il apparaît donc évident que les patins, qui présentent de meilleurs dispositions, exécutent plus facilement les mouvements que demande le patinage dans son ensemble.
Les dispositions physiques des patins:
Théoriquement, il est normal de concevoir que l’on doit retrouver certaines dispositions de base, indépendamment du prix des patins. Mais les belles théories ne se concrétisent pas toujours. Voyons d’abord les dispositions idéales. Les fabricants se doivent donc produire des patins où l’on retrouve :
- Une position adéquate des lames par rapport à l’axe verticale et longitudinale des bottes.
- Des formes de berceaux et leurs positions identiques sous les deux patins.
- L'aiguisage personnalisé, ce dernier point, mais non le moindre, relève du service après vente.
Sur la majorité des patins neufs, on retrouve toujours une différence plus ou moins marquée entre les dispositions physiques, d’un patin à un autre, et cela, même s’ils sont de mêmes modèles et de mêmes grandeurs.
À l’achat de patins neufs, une confiance aveugle envers les fabricants et un certain manque de connaissance technique nous empêchent la plupart du temps, de choisir un outil (les patins) dont les dispositions physiques sont adéquates plutôt que d’autres qui le sont beaucoup moins. Les nouveaux patins, disposant de meilleures dispositions physiques, demandent beaucoup moins de temps d’adaptation et offrent beaucoup plus de performances pour le même prix. Une inspection minutieuse à l’achat s’impose donc.
L’étude démontre clairement que les fabricants de patins, poussés par les différentes contraintes de production et les nombreuses étapes de fabrication, produisent beaucoup de bottes dont les semelles ne sont pas parfaitement perpendiculaires et/ou centrées dans l’axe des bottes.

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L’étape suivante, soit le montage d’un ensemble supports et lames sur ces semelles non perpendiculaires ou non centrées, amène automatiquement les lames plus ou moins en dehors de l’axe et/ou non parallèle à l’axe des bottes.

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Les conséquences des lames “hors centre et/ou non parallèles” à l’axe des bottes sont nombreuses. En voici quelques unes:
- Une botte qui tend continuellement à verser (patinage sur la bottine).
- Une botte qui “cassera” beaucoup plus rapidement... parce qu’elle est toujours sollicitée en torsion.
- Un patin qui “coupe” moins d’un côté... peut provoquer des élongations musculaires... principalement à l’aine.
- Un freinage qui saute d’un côté.
- Des virages plus difficilement d’un côté.
- De la fatigue prématurée du patineur.
- Maux de pieds à contrer un patin qui verse.
- Diminution de rendement du patineur
Les conséquences pour l’équipe:
- Perte d’investissements (le salaire est le même) causée par diminution de performance du patineur.
- Chutes fréquentes et non provoquées.
- Phase de jeu avortée par une chute.
- Jeu à court d’un joueur après sa chute.
- Revirement de jeu causé par une chute.
- Risque de blessures.
| Il est également possible de mesurer les «forces de couple en rotation», engendrées par des lames «hors centre et/ou non parallèles» à l’axe des bottes. Ces «forces de couple en rotation» peuvent s’avérer très dangereuses pour les chevilles et les genoux, lors de séances intensives de patinage. |
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Cet aspect est souvent ignoré et pourtant primordial dans la performance d’un patin. Pour corriger ce manque technique, il faut alors démonter les supports et les lames des bottes et reprendre le montage. On peut alors effectuer un léger sablage des semelles et au besoin ajouter des espasceurs (shims) afin de replacer les lames, dans l’axe et parallèles à l’axe des bottes. On n’insistera jamais assez sur les dangers que provoquent des lames hors centre.
Malheureusement à chaque année, beaucoup trop de patineurs subissent diverses blessures, souvent à répétition, sans en connaître les raisons, ni apporter les correctifs nécessaires. Beaucoup de spécialistes soignent les conséquences, mais ils oublient ou ne peuvent en modifier la cause.
L’étude démontre également que lors de l’acquisition de patins neufs, on retrouve toujours deux berceaux plus ou moins différents. Cette différence se situe tant au niveau de la forme que de la position de cette forme et de la grandeur de l’arc qui la compose.
Des berceaux de formes différentes et de positions différentes génèrent alors un rendement inégal des deux patins selon le degré de différence. Il est relativement facile de constater la différence des formes des berceaux sous des patins. Il s’agit tout simplement de maintenir les patins par les extrémités et de les berçant successivement l’un et l’autre. On remarquera alors la différence plus ou moins prononcée de la forme et de la position de la forme.
C’est un autre aspect physique, qui explique la différence de performance entre les anciens et les nouveaux patins. Beaucoup de patineurs n’aiment pas changer de patins, sachant qu’ils vont retrouver des changements de performance entre leurs nouveaux patins et leurs anciens. Ils devront également s’habituer au nouveau rendement généré par les nouvelles formes de berceaux. Généralement peu de patineurs comprennent ce qui provoque ces différences de rendement.
Beaucoup de préposés à l’équipement et d’aiguiseurs de patins, ignorent totalement qu’ils aiguisent deux berceaux différents et ne possèdent pas la formation pour les corriger.
La correction des berceaux
Notre expertise a permis de développer une technique de travail qui consiste à corriger les berceaux en utilisant un compas mécanique En produisant deux berceaux de forme et de position identiques, on augmente considérablement la performance des nouveaux patins. Cette opération nous permet également de fournir au patineur des profils plus performants que les profils d’origine. En effet notre étude a clairement démontré qu’il existe des profils, beaucoup plus performants que d’autres profils.
Ce ne sont pas tous les profils qui conviennent au style et à la physionomie de tous les patineurs. Notre spécialité consiste justement à personnaliser la forme et la position des berceaux pour chaque patineur. Cette opération s’effectue en tenant compte de la taille et de la position de jeu du patineur.
Suite à la correction des berceaux, l’aiguisage, qui contrôle l’angle de coupe du patin, est établi selon le style du patineur. Le patineur obtient alors un rendement maximum de ses patins. Les différents aspects de l’aiguisage sont traités un peu plus loin dans ce travail.
Les conséquences de berceaux différents
Patiner avec des berceaux de forme et de position différentes entraîne automatiquement une sollicitation constante des muscles stabilisateurs. Cette sollicitation constante peut-être la cause de problèmes physiques, tels que:
- Maux de dos;
- Problèmes abdominaux;
- Blessures à l’aine;
- Maux de jambe;
- Fatigue prématurée;
- Perte d’équilibre fréquente;
- Chute non provoquée.
Beaucoup de patineurs dépensent autant d’énergie à compenser le mauvais rendement de leurs patins qu’à contrer l’adversaire. Techniquement, il y a plusieurs raisons qui peuvent expliquer les conséquences néfastes attribuables aux berceaux de forme et de position différentes.
Il est important de se rappeler que:
La forme et la position des berceaux,
contrôlent l’équilibre du patineur et la trajectoire des patins.
L’équilibre du patineur
En évoluant sur la glace, les berceaux deviennent comme des assiettes fixées à un pendule. La longueur du pendule correspond à la longueur du rayon de l’assiette (ou du berceau); exemple: un rayon de neufs pieds.
Lorsque l’assiette est bien positionnée au bout du pendule, le poids du patineur tend toujours à ramener l’assiette au centre du pendule, créant ainsi une stabilité. Cette condition de stabilité est obtenue lorsque les deux assiettes sont composées de rayons de longueurs identiques, dont les centres occupent la même position de chaque côté du patineur et qui se retrouvent dans le centre de masse du patineur.
Dans une situation idéale, les muscles stabilisateurs ne sont pas sollicités pour ramener le pendule au centre, mais seulement pour replacer le centre de masse du patineur après une perte d’équilibre. Le patineur peut alors profiter de toute l’amplitude de mouvement que lui permet l’assiette (ou le berceau).
Physiquement, on retrouve trop souvent deux assiettes (ou berceaux) de rayon et de centre différents.
Dans ce cas-ci, les résultantes des forces ne sont pas les mêmes sur les deux assiettes (ou berceaux) et les muscles stabilisateurs doivent travailler à des intensités différentes pour contrer ces résultantes.
Ce travail incessant et de force différente des muscles stabilisateurs devient alors la principale source de fatigue prématurée des muscles stabilisateurs, et contribue à augmenter considérablement les risques de blessure reliées à cette fatigue prématurée.
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Beaucoup d’énergie est perdue individuellement et collectivement lorsque les patineurs évoluent avec de tels outils.
De façon générale, il y en a beaucoup plus qu’on ne le croit dans une équipe de patineurs. On n'a qu’à considérer le nombre de blessures dont sont victimes les patineurs à chaque année pour avoir un bref aperçu de la situation.
La trajectoire des patins
Voici un autre aspect souvent ignoré. Tout le monde sait que lorsque le patineur évolue sur la glace, son patin est pratiquement toujours incliné, de façon plus ou moins prononcée, selon la phase de patinage. C’est lors de ces inclinaisons que la forme et la position des berceaux contrôlent la trajectoire des patins. Lors des accélérations en croisés par exemple, le patineur exécute un mouvement de balancier, débutant sur la partie arrière de la lame pour terminer à l’avant du berceau.
Durant tout ce mouvement, le patineur n’a pas le temps et ne doit pas contrôler la trajectoire de ses patins. C’est dans cette phase de patinage entre autre que la forme des berceaux amène le patineur dans la superficie de rayon dont est constitué le berceau.
Le patineur n’a qu’à pousser sur son patin et celui-ci tourne par lui-même dans la direction voulue.
Le même phénomène s’applique en virage: le patineur positionne le patin et celui-ci l’emmène dans la direction désirée.
Analysons maintenant ce qui se passe avec des berceaux de forme différente. Prenons pour exemple des patins donc le berceau droit est composé d’un rayon beaucoup plus grand, surtout dans la partie avant, que celui du gauche. Si le patineur exécute le même mouvement de croisés avant, les deux patins ne prennent pas la même trajectoire parce qu’ils n’ont pas la même longueur de rayon. Le patin droit aura tendance à s’éloigner du patineur lorsque la partie avant de la lame viendra en contact avec la glace, dans la “phase poussée” du mouvement de croisé.
C’est généralement dans cette phase que se produisent les blessures à l’aine, le patin n’offrant plus de support en s’éloignant du patineur. Ce changement de trajectoire du patin aura également pour effet de ralentir le patineur, car celui-ci doit diminuer son effort de poussée afin de contrôler la trajectoire de son patin. C’est également durant ce changement de trajectoire du patin et de récupération du patineur, que les muscles stabilisateurs sont très sollicités.
On peut attribuer beaucoup d’hésitations et de distractions du patineur à ce changement de trajectoire provoqué par des berceaux de formes différentes. Des problèmes similaires surviennent en virage avec des berceaux trop longs. Le patineur amorce son virage et dès qu’il veut accentuer le virage, le patin continue dans une trajectoire trop grande et le patineur se couche sur le côté. Avec un peu d’observation, on peut compter de nombreuses chutes de ce genre dans une partie, et ceci à tous les niveaux de hockey. C’est ce qu’on appelle des chutes non provoquées.
Les conséquences de ces chutes non provoquées sont assez nombreuses
- Le joueur est sorti du jeu.
- L’équipe se retrouve momentanément en infériorité numérique.
- La phase de jeu en cours est souvent arrêtée.
- Possibilité de revirement de situation.
- Perte de possession de la rondelle.
- Perte du momentum de l’ensemble du jeu.
- Risque de blessures.
Le hockey étant un sport qui demande beaucoup de finesse et d’habileté, il est sûrement plus rentable pour une équipe de pouvoir compter sur le potentiel de tous ses éléments. Il est assez difficile de quantifier les pertes financières et physiques que peuvent occasionner une mauvaise performance des patins.
Mais, en consultant la liste des blessés dans la LNH, par exemple, il est évident que plusieurs équipes perdent des sommes considérables en absentéisme, en soins professionnels et en diminution de performance de leurs patineurs.
Les équipements, les méthodes d’enseignement et les stratégies de jeu ont beaucoup évolué depuis quelques années, mais il semble que les techniques pour l’entretien des patins n’aient pas beaucoup changé.
Beaucoup de préposés aux équipements ne se limitent qu’à l’aiguisage des patins, sans se préoccuper d’abord des erreurs de fabrication que l’on retrouve sur les patins.
L’aiguisage de patin est l'opération qui consiste à produire une certaine concavité dans la lame, perpendiculaire à celle-ci et sans déformer les berceaux.
L'aiguisage ne représente qu'une partie (non négligeable) dans le rendement d'un patin, complémentaire aux autres aspects physiques du patin, soit la position de la lame et le profil des berceaux. On peut produire plusieurs degrés de concavité, selon le goût ou le style du patineur.
Le degré de concavité produit alors un angle de coupe qui produira son effet maximum à différents angles d'inclinaison. Une forte concavité produit son effet maximum à faible inclinaison tandis qu'une concavité moins prononcée demande une plus grande inclinaison du patin.
Beaucoup d'aiguiseurs effectuent des concavités très prononcées afin de répondre au patineur qui veut un patin qui "coupe", parce qu'ils ne contrôlent le rendement du patin que par l'aiguisage sans vérifier ou corriger les autres aspects techniques du patin soit la position des lames et la forme des berceaux.
Il n'est pas normal qu'un patineur doive ajuster le rendement de l'aiguisage en frottant les lames sur les bords de la bande ou d'un banc après un aiguisage. Il n'est pas non plus normal qu'un patin sautille en freinage et en virage serré, et ait une coupe excessive d'un côté et presque rien de l'autre. Ceci dénonce soit un aiguisage non perpendiculaire ou une lame en dehors de l'axe de la botte.
Lorsqu'un patineur dit qu"il n'aime pas un aiguisage nouveau; c'est généralement un indice qui tend à prouver qu'il n'obtient pas de son patin le rendement désiré mais sans savoir pourquoi. Idéalement si les lames sont bien dans l'axe de la botte et que l'aiguisage est perpendiculaire, l'aiguisage génère la même force ou le même angle de coupe des deux côtés.
Une concavité très prononcée produit un angle de coupe trop puissant qui pénètre la glace trop facilement et trop tôt en inclinaison. Ceci entraîne une plus grande demande d'énergie du patineur et diminue la mobilité du patin.
Un patin qui "échappe" en virage est souvent le résultat d'un aiguisage trop puissant qui arrache littéralement la glace lorsque le patin est très incliné, la glace ne pouvant résister à la grande capacité de coupe de la lame. Donc, la puissance est augmentée par le poids du patineur en virage.
Une concavité plus ouverte permet à la glace de supporter l'augmentation de pression en virage et peut ainsi garder plus de vitesse, car l'énergie du patineur ne se perd pas à couper la glace mais sert à garder ou à augmenter la vitesse avec le virage.
C'est le patineur qui décide quand le patin va "mordre" à pleine capacité ou non, en inclinant plus ou moins son patin.
C'est généralement un geste plus naturel de patinage.
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